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Lichtenstein et découverte sur Van Horne, pâmoison Chez l'Epicier

Pour ceux qui douteraient encore du potentiel gastronomique de Montréal, voici deux must-eat de la ville qui vous feront changer d'avis.

Cocktail au Yuzu
Le Van Horne, restaurant ultra discret de l'avenue, fait parler de sa cuisine de marché expérimentale et novatrice dans toute la presse gastro. Et pour cause, au menu, un décor de cottage en bord de plage, un choix de plats surprenants, des ingrédients frais et inattendus, une présentation minimaliste, des textures et des cuissons originales.

 
L'expérimentation réside surtout dans les associations de saveurs, les produits quant à eux, restent le plus naturels que possible, des pois frais du Québec, du maïs, du chou fleur, de l'aubergine, du hareng, du porc, on s'offre un beau voyage de saveurs.

En appréciant les œuvres de Lichtenstein exposées au mur, ou le grand Totem indien au fond de la salle, on laisse sa mâchoire se figer de surprise en dégustant le hareng moelleux servis avec une polenta, du tournesol et des allumettes de pommes pour une touche de croquant acidulé, bluffant. C'est sans compter sur un début cru, avec un poisson cru un peu mariné avec des pois frais crus et un jus de citron parfaitement dosé.

On continue volontiers avec ce caviar d'aubergine, légèrement amère parsemé de morceaux de chou fleurs braisés, simplicité, authenticité et régal. Cette parenthèse végétarienne prépare à merveille à cette poitrine de porc mi-fondante mi-croustillante...la portion est définitivement trop petite, on en redemande.

Petit-gros bémol, le foie gras râpé sur mais chaud. Le foie gras ne fait pas le poids face à son accompagnement, sa saveur est supplanté par le bouillon chaud.
Les acrobaties culinaires se poursuivent jusqu'au dessert avec un sorbet de poivron rouge, des chips de granola et une panacotta: étonnant. Le dessert manque de gourmandise à mon goût mais l'audace mérite d'être saluée.






Et puis il y a Chez L'Epicier. Un restaurant dont on rêve encore 6 mois après y avoir mangé une succession de plats généreux et riche en goût. Je ne parlerai même pas du service qui est sans reproches!



La décoration n'a rien d'extravagant, épurée, sans tomber dans le too much design. Pas question d'être déconcentré, il n'y a que l'assiette et ce qui est servi qui comptent. On commence avec un macaron olive noire et fromage de chèvre...minute de silence...on savoure l'instant, cette claque sucrée-salée d'entrée de jeu ne présage que du bon. 

Sur la carte les intitulés me font tourner la tête, QUE CHOISIR!? Question rhétorique à laquelle je répond par un royal de persil, avec des escargots confits, des crevettes fraîches de Matane et un bouillon d'ail grillé. Dans l'assiette le tout est parsemé d'un pain noir Borodinsky aromatisé à l'anis, et les escargots se mélangent à des pâtes en trompe l’œil, elles aussi en forme d'escargots. Il y en a peut-être trop. Croustillant, moelleux, fondant, doux, piquant, iodé, s'associent pour un plat digne d'un équilibriste du goût.

SURPRISE, du chef, servis sous une cloche de verre et dans un nuage de fumée, une magnifique escalope de foie gras fumé au bois d'érable, avec une poêlée de champignons sauvages et une sauce aux échalotes. DAMN, deuxième claque, qui me fait vite oublier que je suis seul à cette grande table, je jubile!

On finit de m'assommer avec un plat de Saint-Jacques, foie gras poêlé, crumble de champignons et tagliatelles de carottes! Un crumble un peu trop timide et un enchainement de foie gras vite écoeurant, que nenni, ça ne m'empêche pas de prendre un morceau de pain, fait maison, pour éponger la sauce, divine.



En dessert, le chef décide de revisiter le club sandwich en une version sucrée, un pari ambitieux, mais qui manque de finesse visuellement et gustativement parlant. Les triangles de chocolats noir et blanc, trop épais, à la texture de flanc, écrasent la génoise, la fraise et le basilic. Les frites d'ananas, apportent une touche d'acidité bienvenue mais la salade de melon crémeuse à la menthe ne rafraîchit pas tant qu'on l'aurait voulu, elle est lourde, un peu comme un vrai coslaw. Un ensemble finalement lourd et peu équilibré. Dommage on voudrait finir sur une touche aussi parfaite que le reste des plats.
Et comme pour exaucer un voeu à peine formulé, je me retrouve à faire griller ur un mini feu de camps des marshmallows maison à la vanille. Bravo!








 
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