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Tribulations de la vie (nocturne) III



Il m'est impossible de désapprendre toutes ces choses qui me lassent, m'ennuient. C'est comme sentir une main presser son coeur, son cerveau, manipuler chacune de ses émotions. Et cette mémoire qui s'entête à me rappeler les blessures faites à mon égo, mon orgueil, un rempart à la sagesse. Il m'est impossible d'aller de l'avant.


Etre en paix, brève utopie, je m'efforce d'imaginer d'autres tableaux que des scenari de vengeance, de hargne et de violence. Mais mon égo flagellé, torturé ne m'offre que la mélancolie comme rédemption.

L'excès n'engendre rien de salutaire, à trop donner, on se retrouve sans rien. Quoique, peut-être sans le superflu, qu'avec l'essentiel. Ce que la main droite donne la main gauche l'ignore, j'en avais pourtant fait mon leitmotiv, pourquoi je me retrouve alors à quémander, ne serait-ce qu'à l'univers, un dû qui n'en est point un.

Voilà, je sens la folie poindre, elle vient sournoisement, ou pas, avec cette colère qui ronronne, rugit même, sans trouver l'expression juste de sa légitimité.

Je rêve de ces temps, cette enfance qui offrait l'insouciance en cataplasme sur des maux de l'homme par l'homme. Je regrette ce semblant d'ataraxie, cet effleurement du bonheur, cette naïveté qui avait en vérité tout à donner. Et me voilà, luttant pour être adulte mais rêvant du commencement, avec pour société spéculateurs et boiteux. Mielleuses carottes d'une vie de plaisir, de jouissance, mais fourbes, amateurs, nés de la chair de Judas.

Ai-je encore le droit de fantasmer sur une vie plus clémente, puis-je croire que l'univers réserve des desseins meilleurs à ces aveugles fielleux? Je ris, aux éclats, de toutes mes dents, le seul rêve possible n'est plus dans l'homme, mais dans la matière, pour le reste, il y a l'espoir.

 
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