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CECI N'EST PAS UN APPEL A LA TOLERANCE MAIS A L'INTELLIGENCE...
Si vous vous en sentez capables, bonne lecture.


Il y a tant d'événements qui bouleversent le monde, qui sont ou devraient être l'objet de toutes les préoccupations: la misère, la malnutrition, le réchauffement climatique, etc. Il y a aussi des événements d'ordre personnel qui touchent chacun de nous: la mort, le succès ou l'échec, le départ et j'en passe. Mais il est un sujet qui passionne certainement plus l'homme que tout cela, qui suscite son attention plus que le déclin économique ou que ses propres vicissitudes, c'est la vie de l'autre, ses occupations, ses moyens, son orientation sexuelle, ses fréquentations.
L'homme a tendance à cultiver, aux Antilles bien plus qu'ailleurs, l'immixtion dans des domaines qui bien souvent n'influencent, ne modifient et ne concernent en rien son existence. Mais il est comme un besoin impérieux, instinctif de savoir sur l'autre ce qu'il n'est pas nécessaire, au sens de vital, de savoir. Une tendance à contre-courant du combat mené pour la vie privée, une notion que l'on croirait inexistante sur ces îles.


Ainsi, nombre de sortie de placard, ou coming-out appelez les comme bon vous semble, sont motivés par ce désir d'en finir avec les rumeurs, les non-dits, les "un tel a dit que...", etc.
Plusieurs situations pourraient expliquer ces ragots: le refoulement, le déni, l'envie, l'ennui, le dégoût aussi, mais moins souvent l'intérêt intellectuel que suscite la différence. Mais, entendons nous bien, de quelle différence s'agit-il? Celle du choix de la position de kamasutra que l'on préfère, de la manière de marcher ou de s'habiller dont le jugement répond à des stéréotypes idiots, ou la différence dans les choix qui amène la discussion.
Bref, l'intérêt n'est point intellectuel ni réfléchi, il répond, si l'on veut trouver une raison logique à un phénomène insensé, à une sorte de désir de comparaison qui est en vérité propre à tous. Qui ne prend pas plaisir à regarder plus gros que lui pour se convaincre qu'il est dans la norme, qui n'étale pas son savoir pour se sentir supérieur? Tous nous cherchons à nous sentir mieux par rapport à l'autre en se référant, malheureusement, à une convention de ce "mieux". Ceci, davantage qu'une vision personnelle et construite qui, plus que de compétition et de comparaison, se nourrit d'un désir de dépassement de soi conforme à un idéal propre.
Or les cas de mépris des homosexuels ont pour origine des individus complexés et qui ne sont pas en phase avec leur propre sexualité. Pourquoi avoir peur de se faire "péter la rondelle", parlons crûment, si on a des convictions fortes? Pourquoi l'homophobie, peur des homosexualités, si ce n'est que l'on a peur  de ne pas être "normal" et d'être concerner? Mais accepter une crainte, en étant en paix avec soi même donc avec les autres, aide à l'affronter et à ne plus la redouter. Mais ce genre de discours spirituel est difficilement assimilable pour les esprits bornés et conformistes.
Par ailleurs, c'est peut être ce manque de personnalité, poussant aux conformismes, qui entraîne cette haine de l'assumation de sa personnalité par d'autre. Refouler sa personnalité pour plaire à d'autre plus qu'à soi n'a jamais mené bien loin. En effet pour être aimé des autres, il convient de s'aimer soi avant tout.




De plus l'ennui ne peut être passé sous silence comme étant une cause des critiques envers les homosexuels aux Antilles. Aussi, pour pallier une vie fade sans intérêts, sans le piment que tous recherchons à travers toutes sortes de dispersions, nous nous accaparons la vie d'un tiers pour en faire un sujet de conversation, car quand il s'agit de parler de soi il n'y a rien à dire, pas assez de mots pour converser, pas assez de faits sur lesquels s'attarder. Il y a deux choses observables dans la vie de l'antillais type: sa fuite de son quotidien par imitation des autres ou par médisance et sa jalousie inavoué.
Je ne m'attarderais pas davantage sur ces preuves flagrantes du refus d'évolution de ces hommes. Si ce n'est l'esclavage, pour eux jamais abolit, ce sont les valeurs chrétiennes fruits de la colonisation qui motivent leurs actions. Cherchez l'erreur.


La quête du respect passe chez l'homme, par certains critères, trop souvent superficiels, matériels et physiques au détriment du spirituel, du psychique et de l'intellectuel. Or, hormis les "qui veut du respect s'en procure", initialement suffisant afin de remettre les pendules à l'heure il convient de réellement faire comprendre une chose à ces gens scientifiques ou non, religieux ou athée. On inspire le respect plus qu'on ne le mérite, l'équilibre se fait entre par exemple une démarche assurée et un regard vif, ou une humilité des gestes incontestable et un discours construit ET ceci se passe avant tout dans la tête. En aucun cas l'activité sexuelle n'altère ces combinaisons, il n'est prouvé nul part que les hétérosexuels sont plus respectables que les homosexuels, la liste des personnalités gays ayant eu un impact sans précèdent dans la société est non exhaustive. Mais il est plus facile de jeter la pierre à son égal, que de s'inspirer de son parcours pour soi même avancer.


Devoir se mentir à soi ; quel beau moyen pour apprendre à se connaître ! Le souci est encore plus notable aux Antilles, il ne faut pas en parler, il faut se cacher et même oublier qui l’on est au plus profond de soi. C’est une question de mentalité, de machisme mais à quoi bon avoir lutté pour la liberté si c’est pour la retirer à d’autres, à quoi bon mettre en avant une quête identitaire alors que l’on vit dans un perpétuel théâtre ; absurde.



 
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